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Trier son coffret à bijoux : ce qui a de la valeur et ce qui n’en a pas

Étalez une serviette blanche sur une table, près d’une fenêtre, videz le coffret dessus et posez à côté une loupe, un petit aimant et trois soucoupes. En une heure, la plupart des coffrets se laissent démêler : ce qui mérite une estimation d’un côté, ce qui relève du simple plaisir de porter de l’autre, et entre les deux une poignée de bijoux douteux. Le tri n’a rien de technique. Il demande surtout de ne pas se fier à l’éclat, le critère le plus trompeur de tous.

D’abord l’aimant, ensuite la loupe

L’or, l’argent et le platine ne sont pas attirés par un aimant. Un bijou qui s’y colle franchement contient donc du fer, de l’acier ou du nickel, au moins en son cœur, et part dans la soucoupe fantaisie. L’inverse ne prouve rien, puisque le laiton, le cuivre et l’acier inoxydable de nombreux bijoux fantaisie ne réagissent pas davantage. Testez le corps du bijou plutôt que son fermoir : beaucoup de fermoirs de chaînes en or renferment un minuscule ressort en acier.

Vient ensuite la loupe. Sur un bijou français, une tête d’aigle signale l’or 18 carats et une tête de Minerve l’argent ; ces minuscules marques se nichent en général là où le bijou se ferme ou s’attache. Tout ce qui porte l’un de ces poinçons rejoint la soucoupe « à estimer », même cassé, tordu ou passé de mode. Le vermeil, cet argent recouvert d’or, porte le poinçon de l’argent : il se range avec l’argent, pas avec l’or. Même prudence pour les bijoux blancs : une bague claire peut être en argent, en or gris ou en platine, et la couleur seule ne permet pas de trancher. Seul le poinçon, ou à défaut un test, le dira.

Les bijoux qui brillent trop pour être honnêtes

Le plaqué or est le grand trompe-l’œil du coffret. Neuf, il ressemble à s’y méprendre à l’or massif. Avec le temps, il se trahit aux endroits qui frottent, où une couleur grise ou cuivrée finit par percer sous le jaune. Un bijou sans aucun poinçon, d’un jaune très uniforme et très vif, va dans la soucoupe des douteux tant qu’un professionnel ne l’a pas testé.

Le poids donne un second indice. À volume égal, l’or est nettement plus lourd que le laiton, et une grosse gourmette qui ne pèse presque rien dans la main mérite le soupçon. Méfiez-vous pourtant des conclusions hâtives : beaucoup de créoles et certaines chaînes larges sont fabriquées en or creux, authentiques mais légères, donc moins riches en métal qu’elles n’en ont l’air.

Pierres et perles, le tri qui déçoit le plus

C’est souvent là que les espoirs retombent. Dans les bijoux de tous les jours, bien des pierres de couleur sont des verres ou des pierres de synthèse, et même les gemmes naturelles modestes se revendent mal. Les acheteurs d’or paient avant tout le métal. Sur numissima.com, par exemple, le comptoir de Bayonne précise ne reprendre que les diamants d’une taille et d’une pureté importantes, et aucune autre pierre. Une bague ornée d’un petit brillant vaut donc surtout par son or, ce qui n’empêche pas de la garder si on aime la porter.

Les perles demandent un autre regard. Frottées doucement contre le bord des dents, les perles fines et les perles de culture donnent une sensation légèrement râpeuse, alors que les imitations en verre ou en plastique restent lisses. Ce test sommaire ne dit rien de leur valeur, qui dépend de leur orient, de leur taille et de la régularité du rang : un collier de perles se fait expertiser par un bijoutier, il ne se pèse pas.

Que faire de chaque soucoupe ?

  • La soucoupe « à estimer » : regroupez l’or par titre et ajoutez-y les débris, maillons cassés et boucles orphelines, qui se paient au poids comme le reste. Gardez les pièces d’or à part, chacune dans sa pochette : elles s’estiment à l’unité, et leur état compte autant que leur poids.
  • La soucoupe des douteux : un test à la pierre de touche chez un acheteur d’or ou un bijoutier tranchera rapidement.
  • La soucoupe fantaisie : nettoyez, portez, offrez. Certains bijoux fantaisie signés, notamment par des maisons de couture, ont d’ailleurs leur cote auprès des amateurs de vintage.

Avant de refermer le coffret, rangez séparément ce qui reste : les chaînes s’emmêlent dès qu’on les empile, et les pierres dures rayent l’or et l’argent qu’elles côtoient. Un sachet par bijou, ou un coffret à compartiments, évite d’avoir à refaire tout le tri dans six mois.

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